Trajectoire civilisationnelle
Ni effet de mode, ni mutation profonde. Ce que l'on qualifie de "renouveau de Marseille" n'est, que la conséquence logique de ce bouillonnement ininterrompu des idées. Idées qui engendrent un comportement particulier, d'où ressort, en fin de compte, la latinité marseillaise. Une latinité à fleur de peau qui est aussi un atout psychologique, porteuse d'espérance et lourde d'angoisse.
Le seul renouveau apparent se situe, pour l'heure, dans le tracé des grandes infrastructures de transport férroviare alors que le tracé auto-routier se traine à l'allure des escargots, à l'exemple de la L2.
De quel renouveau nous parlent les NERON aux mains blanches qui regardent bruler les taudis meublés?
Qui peut croire que les étudiants des campus universitaires logent dans des placards à balais délabrés par effet de mode? ou que les habitants des HLM délaissent volontiers les ascenceurs pour faire du sport?
Les décideurs positionnent souvent Marseille comme capitale de l'Europe festive du Sud, alors que les marseillais sont plus enthousiastes pour un pojet collectif qui a le souci communautaire de gagner le combat pour l'emploi et le développement qui assure aussi un vrai bien être et un métissage qui produise un enrichissement culturel.
Cette ville qui bouiloonne pourrait avoir pour chef d'atelier un artiste comme le regrété CESAR:
"J'apprends aux élèves mon ignorance. Je ne suis pas un enseignant. J'essaie de dialoguer avec eux, j'essaie de trouver une voie pour chacun. J'essaie de prendre à part chaque individu pour savoir ce qu'il veut faire, pour savoir quel moyen il a. Pour savoir ce qu'il veut devenir, au niveau de la dialectique et au niveau de la technique".
Il est un peu trop tôt pour envisager une modification radicale des rapports sociaux mais, il n'est pas trop tard pour essayer de mieux connaître notre ville et savoir à quoi et en quoi elle nous sert, afin de continuer à lui inventer de nouveaux usages, de nouvelles fonctions.
Nous sommes encore loin d'une mutation brusque de la pensée des marseillais, mais on peut travailler, d'ores et déjà, à une transformation possible (à partir de 2013 ?)
Si la mobilité des moyens audio-visuels et sonores ne nous paralysent pas le cerveau en nous rendant cyberdépendant, peut-être qu'on entendra alors Marseille chanter comme jadis SAPHO:
" Merde, merde, je ne veux pas être grande, je veux rencontrer ce séducteur, ce créateur qui me laisse créer".
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